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Art dans la ville

Une fresque à l'école Jules Verne, un banc décoré qui relie deux quartiers, une sculpture-totem en séquoia, un parcours d'observation matérialisé par des chaises installées dans l’espace public... Pont de Claix fait descendre l'art dans la ville, dans la rue, dans les parcs.

Des chaises dans la ville

Aux croisements du design, des arts et des sciences, la ville de Pont de Claix propose un parcours d’observation matérialisé par des chaises installées dans l’espace public. Présentation d’un mobilier urbain imaginé pour s’assoir, méditer et plus si curiosité.

Ce projet fait partie du dispositif de l’observatoire des mouvements créé par le collectif d’expérimentation des Grands Moulins de Villancourt. Il s’agit de mettre en scène la déambulation de l’observateur, selon un parcours déterminé par les membres du collectif et d’inviter chacun à faire sa propre collecte de son et d’images, ou simplement s’assoir et profiter du paysage. Dans les différents lieux d’observation de mouvements, déterminés par le Collectif, une chaise symbolise cette démarche. Au total, neufs créations vont être réalisées pour raconter, sur chaque site, une histoire originale et indiquer l’observation qui a été effectuée. Une carte sera également bientôt à disposition du public pour indiquer les différentes chaises. Enfin, un QR code permettra de suivre l’actualité des chaises et de participer à l’exposition permanente que l’on va retrouver sur le blog des Grands Moulins de Villancourt.

Ce projet s’inscrit dans le long terme. Les chaises seront le rendez-vous d’événements ou le point de ralliement d’observations tout au long de l’année (nuit des étoiles, lecture publique, concert, conférence…). Les spectateurs seront alors invités à venir avec leur propre chaise. Progressivement, ce mobilier fera partie du paysage urbain de la ville et pourra influencer sa relation à l’art.

 

Une démarche de création

La conception du mobilier a été confiée à un designer toulousain, Kamel Sécraoui, du studio de création KLD design. Il travaille actuellement sur l’ensemble du mobilier urbain de la ville. Il précise sa démarche et comment il s’est approprié le projet du collectif d’expérimentation des Grands Moulins de Villancourt : « Nous avons opté pour une simplicité des formes, pour une simplification du processus de fabrication, mais aussi de manière à ce que le mobilier ne prenne pas le pas sur sa fonction, à savoir créer un lieu de rencontre, un point focal où se mêlent sciences et quotidien. Il fallait donc utiliser le mobilier urbain pour signaler un lieu d’observation et de rencontre, un peu à la façon d’un totem. Pour ce faire nous avons choisi de mettre en place un dispositif, qui permet une identification facile de ces lieux, grâce à une couleur commune et à la reprise d’éléments structurels récurrents, traits communs aux différents éléments de mobilier. Sur cette base de travail, nous avons mis en place une série de huit éléments, tous différents les uns des autres bien qu’ayant une structure commune, afin de créer un mobilier adapté à chaque lieu et chaque aspect d’une observation découlant de leurs environnements. Ces éléments de mobilier ont pour but de fédérer des activités et des gens, c’est pour cela que nous avons choisi de leur donner en plus de leur fonction d’assise un coté ludique et innovant. En effet nous avons mis en place des systèmes permettant de grimper dessus pour prendre de la hauteur afin d’observer les choses sous un autre angle ou bien de s’assoir à l’envers afin de profiter d’un confort supplémentaire. Nous souhaitons que le mobilier participe à l’observation de l’environnement en proposant différentes manières de s’y confronter. »

Dans son processus de création, Kamel Sécraoui a également intégré cette dimension « arts & sciences » qui est le fondement des Grands Moulins de Villancourt. Il l’évoque ici : « Nous avons choisi de mettre en place une forme récurrente dans le mobilier : L’échelle. En plus de présenter un intérêt graphique, elle possède une symbolique importante. Elle nous a donc paru être appropriée à la mise en forme du projet. Elle est le symbole par excellence de l’ascension vers la connaissance et le savoir. Elle indique une ascension graduelle et une voie de communication. L’échelle est aussi un moyen de changer de niveau, de changer de perspective et d’avoir une autre vision du monde en tranchant avec la dimension horizontale de notre quotidien. Nous souhaitons que notre mobilier tranche avec l’habitude et le quotidien pour entreprendre une conquête de l’espace vertical, afin de s’élever et de découvrir un nouvel univers. »

 

Le début du parcours

Décryptage du parcours avec les regards croisés du collectif d’expérimentation et du concepteur des chaises.

La chaise du soleil, située sur la place Michel Couëtoux. Pour le collectif, il s’agit de suivre le mouvement de la terre en regardant l’ombre des tours de l’autre côté de la rue. Cela se traduit par une chaise qui fait aussi office de cadran solaire, comme le souligne Kamel : « Le protagoniste est par ce mobilier placé au milieu de la ville et du temps : les rayons du soleil projettent l’ombre du pilier de la chaise, ainsi l’usager peut profiter du temps. Solaire, temporel, ou les deux ».

La chaise de la nature, emplacement : parc Jean de la Fontaine. L’idée du collectif est de suivre le mouvement de la nature dans un cadre urbain, avec une invitation à une pause tranquille, ou active. C’est un choix que le designer propose : « Le siège revisité permet une assise réversible et susceptible d’être partagée. Du travail au repos, l’assise multiple est idéale pour lire, écrire, écouter de la musique, le dossier permet également d’installer ordinateurs ou tablettes ».

La chaise du ciel, orientée vers le sud, dans la cour des moulins de Villancourt, est une invitation des membres du collectif à suivre le mouvement des nuages ou des étoiles. Là aussi, Kamel apporte plusieurs déclinaisons : « A chacun de choisir de prendre le soleil ou de décrocher la lune. Paradoxe de cette chaise, en proposant une assise inclinée et à la fois une échelle pour s’élever. Deux fonctions opposées, l’une offrant une vue en plongée, l’autre en contre-plongée ; deux regards croisés pour explorer l’Univers ».

La chaise des montagnes est positionnée dans le parc Borel, sur les hauteurs de la ville et propose d’observer les falaises du Vercors et les mouvements imperceptibles de la montagne. Parole et patience de géologue ! Voici la version du designer « Qui n’a jamais fait cela, s’asseoir sur le dossier d’un banc public pour en détourner l’usage ? Mon rôle ici est d’être à l’écoute de ces pratiques initiées par les usagers, les jeunes, les moins jeunes, les groupes, les couples. Plateforme à partager, la chaise Montagne est née de cette nécessité à voir plus haut, plus loin. Perchoir à 360°, ce siège propose une infinité de combinaisons d’assises pour pouvoir, seul ou à plusieurs, observer le monde environnant sous toutes ses coutures ».

La chaise du cours se trouve à la croisée des chemins, entre le cours Saint-André, l’entrée de la voie rapide et les rails du train. C’est le lieu idéal, identifié par le collectif, pour observer les flux de voitures, de camions et de trains qui traversent la ville. Kamel positionne ici sa structure de référence : « Modèle le plus représentatif de la rencontre de l’échelle et de la chaise, la double fonction de ce mobilier saute aux yeux. Entre repos ou exploration, on s’approprie l’objet, on en fait le tour, on l’habite. Chacun retrouve son âme enfantine sur cet édifice semblable aux jeux des parcs publics, qui même utilisé comme simple assise, paraît à trop grande échelle et vous redonne votre taille d’enfant ».

Trois chaises ont encore été installées : celles du marché, du canal et du train.